Une grande rêveuse

Des petites choses que j'aimerais bien dire à quelqu'un

mercredi 23 juillet

Insouciance d'été

- passe chez moi, même si je n'y suis pas
- je préfère passer quand tu es là !
- il faut que je te rende tes affaires !
- on a tout le temps ! On ira boire un verre !
- mais on en boira mille !
- mais non pas en soirée comme ça, un après midi tous les deux !
- tu veux aller où ?
- où tu veux !
- ok je t'emmènerai ! A partir du 15 août je ne travaille plus, je vivrai chez toi !
- trop drôle !
- passe moi une clope ! Tu me fais rire à avoir toujours des clopes et du feu alors que tu ne fumes pas !
- c'est depuis que tu m'en demandes !

manzana
Louisianne et Gaël

Posté par louisianne à 14:28 - État d'âme - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Epuisée

fauteuil_louisianneÉpuisée ! Je voulais faire un joli petit billet, voire trouver une idée originale avant mon départ pour un mois vendredi...
Vu la foule sur la blogosphère en ce moment, ce n'est pas trop grave !

Mais voilà je suis épuisée ! Au point qu'au travail le moindre petit détail m'épuise. Au point que je n'arrive même plus à lire mes blogs préférés, au point que lors de mes week-ends dans le Sud, je n'ai pas ouvert un livre, d'ailleurs même dans les transports, je ne sors même plus mon livre, je "comate" jusqu'à l'arrivée. Je ne fais pas d'heure sups, je suis au radar.
À la maison je laisse traîner les factures, et je me réveille affolée au milieu de la nuit persuadée qu'on va me couper l'électricité !

Les vacances vont être bienvenue. Elles le sont toutes. Mais cette année scolaire a été particulièrement difficile. Comme beaucoup je vis en année scolaire, au rythme de mes filles, mais j'étais déjà comme ça sans enfants. Janvier à décembre, ça ne veut pas dire grand chose. La coupure pour moi sera toujours l'été.

J'ai vécu des choses difficiles, en particulier la dépression d'Artémis. Je voulais le raconter ici, du moins un certain passage (son hospitalisation), mais ce ne sont pas des choses faciles à raconter, et j'attendais d'avoir du recul.

En septembre Athéna s'est installée avec Martin. Un peu difficile pour moi, mais pas tant que je le croyais. Elle n'était pas loin. Sa sœur et elle se voyaient souvent. En octobre Artémis commence à  sécher les cours trop souvent.  Pratiquement tous les jours  j'ai des coups de fil du lycée pour me dire qu'elle n'est pas là. Tout se passe normalement le matin : nous nous levons, nous nous préparons, nous partons toutes les deux. Et plusieurs heures après j'apprends qu'elle n'est jamais allée en cours. Elle se réfugie chez sa grand mère. En novembre, elle m'apprend qu'elle ne parle plus à aucune fille de sa classe, qu'elle ne mange plus à la cantine, elle s'est isolée. Je prends rendez avec sa prof principale.

En décembre Athéna commence à aller très mal, ça ne va plus avec Martin. Elle déprime, pleure sur mon épaule, regrette de s'être installée avec lui. Elle attend que Noël passe pour le quitter, mais il n'est pas aveugle et le clash a lieu avant. Martin n'a pas de famille et on passe quand même Noël ensemble. Un noël pas très gai.
Il faudra attendre fin janvier pour qu'Athéna revienne. Les histoires d'argent ne sont pas réglées, et elle se plait bien chez elle, la journée quand il n'est pas là. Régulièrement elle invite sa sœur et moi le midi (il travaille le week-end).  La nuit elle dort à la maison ou chez des copines.

Athéna revient. Artémis continue à aller de moins en moins en cours. Discussions, explications, tout se termine par des larmes. Elle commence à prendre des anti dépresseurs. Hélas le résultat n'est pas probant.
Athéna et Artémis deviennent inséparables. Elles sortent tous les week-end, Artémis va bien quand elle sort. Mais elle est fragile et dès que sa sœur a autre chose à faire, ou annule une soirée, c'est la crise de larmes.

En mars réunion avec le proviseur et la prof principale d'Artémis. On lui parle, on lui explique, on comprend son problème, on lui laisse sa chance. Elle veut changer de lycée, mais c'est impossible, je me suis renseignée.
De plus je ne suis pas sûre que ce soit le vrai problème. Je passe mon temps au téléphone avec sa prof principale, sa psy.

J'ai droit à toutes sortes de jugements de la part de ma tribu et de mon ex mari : c'est forcément ma faute !

Si j'ai souffert autant c'est qu'il est évident qu'il y a toujours une part de doutes entre l'ado qui ne veut pas aller en cours et l'ado qui souffre vraiment. Artémis n'a jamais été très motivée par l'école, mais certain signes me montraient qu'elle était réellement en dépression. De plus elle n'allait pas bien quand elle sortait, même si une sorte de façade aurait pu le faire croire.
Athéna souffrait bien évidemment aussi, et avait l'impression d'avoir "perdu" sa sœur.

En mars Artémis va de moins en moins en cours. Elle passe d'un jour sur deux à une heure par semaine.  Elle va devant le lycée et fait demi tour, découragée, ou  se cache dans les toilettes. Elle m'envoie des texto d'excuses et pleure quand je lui parle.
Parfois je la cherche en la harcelant au téléphone, mais la plupart du temps, elle se réfugie chez ma mère qui refuse de lui faire la leçon et la dorlote.
En avril elle est menacée de conseil de discipline et j'ai peur que cela n'aggrave son cas. A la suite d'une visite chez la psychiatre, elle est hospitalisée.

Epuisée, ne sachant plus si j'avais tort ou raison de continuer à mettre la pression pour les cours, j'avais besoin d'un conseil. Je vois 3 psychiatres en tout, dont 2 à l'hôpital qui me conseillent de la laisser arrêter les cours. Par contre  Artémis refuse l'hospitalisation longue durée dans une clinique, malgré la pression que l'on nous met.  Elle passe quelques jours entre chez moi et chez ma mère. Athéna la dépose chez ma mère quand elle va en cours.

Malgré les mises en garde, je n'ai jamais pensé qu'Artémis passerait à l'acte. Je comprends que la psychiatrie est un métier difficile, que les seules infos sont les dires d'Artémis. Artémis elle même a parfois du mal à exprimer ce qu'elle ressent, elle est jeune. Elle m'a dit elle-même qu'une de ses phrases "oui je m'amuse bien quand je sors" avait été interprétée comme un symptôme de la dépression "excès d'euphorie plusieurs jours d'affilée". Seul un des psychiatres avait sollicité mon avis et m'avait demandé si j'avais peur du suicide.

 

Artémis reste donc à la maison et s'y plait. Quelques frictions encore cependant, je lui reproche de rater ses rendez-vous auto école, psy, orthodontie. Sa psy essaye de l'intéresser à des choses pour ne pas rester à rien faire. Athéna a du mal avec ses cours aux beaux arts, elle sort beaucoup, se demande si elle a fait le bon choix, va travailler le samedi au supermarché avec des cernes sous les yeux.
Son ex la harcèle, la surveille, ne lui laisse pas une minute de repos.

Fin juin je commence à chercher un lycée pour Artémis. Mais Artémis se voyait bien rester à la maison éternellement, sauf que je n'ai pas gagné au loto. Je finis par trouver un lycée, mais le manque d'enthousiasme d'Artémis a de quoi faire peur.

Quand à Athéna, elle n'est pas admise en deuxième année, et n'a pas envie de redoubler. Elle est découragée, s'interroge sur son avenir. Choisir une autre école ? Travailler ? Elle veut partir habiter Grande ville du Sud, à condition que sa sœur et moi la rejoignions très vite. Mais elle n'est pas sure encore d'en avoir envie.

Les voilà enfin en vacances. Artémis profite des cousins et sort peu avec sa sœur. Athéna sort beaucoup, part en week-end avec des copains. L'été dernier son Martin lui avait gâche toutes ses soirées avec sa jalousie, cet été elle veut profiter de sa liberté retrouvée.

Tout pourrait aller bien si il n'y avait des sujets de friction entre les sœurs qui passent leur temps à se plaindre l'une de l'autre quand elles m'appellent. Artémis se plaint que sa sœur n'est jamais à la maison, la laisse tomber. Athéna se plaint parce que sa sœur ne sort plus avec la bande, qu'est ce qu'elle a besoin de rester avec des gamins.
Heureusement les cousins ne sont pas là longtemps, ça devrait s'arranger ! Enfin j'espère !

La pauvre mère qui croyait que l'été allait être une aire de repos, le calme avant la reprise des soucis...

Et moi là dedans je suis où ? 

Epuisée, je suis épuisée !

De retour le 25 août ! Bonnes vacances à tous !

Posté par louisianne à 11:27 - Quotidien - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 17 juillet

La première dispute

Img1224 La première dispute est importante dans un couple. Il parait même que limite on la provoque.
Parce que c'est une étape... Parce qu'elle peut tout changer. C'est là qu'on découvre si l'autre sait dire "je regrette", c'est là où on découvre si l'autre sait se remettre en question, si l'autre accepte de revenir sur le sujet de la dispute, d'écouter les arguments de l'autre...

Bien sûr ça n'augure pas toujours de l'avenir ! L'amour, la passion du début sont de grands aveugles, et on peut très bien tomber sur un borné, de mauvaise foi, incapable de se remettre en cause ou d'accepter de mettre les choses au point et rester quand même ! Que ceux qui ne sont jamais passés outre une telle révélation me jette la première dispute....

La sagesse populaire dit qu'il faut avoir connu 9 querelles avant le mariage pour être sur de soi. Querelle, ce n'est pas grosse dispute avec bris de verre, joues en feu et bave aux lèvres.
Et pour tout dire je vais plutôt parler de querelle que de réelles grosse fâcherie.

La première dispute avec mon vrai premier amoureux m'a laissé une souvenir indélébile. Difficile de décrire à quel point ça fait mal, cette sensation de ne plus être aimé, que tout est fini, que l'on a déçu.

Mais il y a une chose dont on parle moins, c'est la première dispute en amitié. Même si on ne peut pas à proprement parler de passion aveugle, d'engouement du début, la première dispute peut faire très mal aussi.
Et encore plus mal d'ailleurs car elle peut être fatale. Ça passe ou ça casse.

Durant ma longue relation avec Laurent, nous avons eu plus d'une dispute. La première j'avais 7 ans, nous étions chez lui, et nous n'étions pas d'accord sur la façon de couper des pissenlits, c'est dire l'enjeu !
Fâchée je suis rentrée me réfugier dans les jupes de ma mère, où il est aussitôt venu me chercher !
C'est dire que les relations de couple ne changent guère quel que soit l'âge !

[ Parenthèse : je sais cela parait bizarre de parler de couple. Il n'empêche que nous formions un couple à notre manière, avec des remises en questions, des disputes, y compris le côté possessif. À l'époque où je m'emmêlais les pinceaux dans mes sentiments, j'ai beaucoup lu sur l'amitié entre hommes et femmes. De vrais auteurs bien sûr, comme Francesco Alberoni.
Mais un jour j'avais lu dans un magazine débile cette phrase :
Un couple qui ne se fait jamais de mal n'est pas vraiment un couple. Sous entendu votre copain et vous n'êtes pas un couple.
Cela m'a paru réducteur et faux : si on parle de deux copains du style larrons en foire qui s'éclatent pourquoi pas ! Mais je ne vois pas comment quand on a un réel sentiment d'amitié pour une autre personne,(homme ou femme peu importe) on pourrait ne jamais avoir mal ! fin de la parenthèse ]

Les disputes disais-je, ensuite comme dans toutes relations, ont toujours été les mêmes. Il a fallu plusieurs années pour que l'on arrive à ne plus chercher la bagarre, à accepter d'écouter l'autre, qu'on apprenne à s'excuser, à comprendre quand on faisait mal. Des années pour être moins têtus, pour nous demander si l'enjeu en valait ou non la peine (et là on réduit largement les sources de conflit).
Nous avons grandi ensemble et appris ensemble.

Depuis le début de ma relation avec Gaël, il n'y avait pas eu de vrais disputes. Tout au plus des petits mots en trop.  EX : excuse moi, j'étais crevé, pas le temps de parler, ok tu n'aimes pas cette musique, ce genre de film, cet endroit je ne te proposerai plus, désolé j'ai oublié de rappeler...

Rien de bien grave. Et puis fin juin une dispute stupide et en plus sur msn ! Le sujet n'est pas franchement nouveau sauf qu'il avait du être juste effleuré. Il me juge, je me défends. À n'importe qui d'autre je répondrais sûrement sèchement  : mais qui es tu pour me juger ?
Mais pas là. Il n'a pas totalement tort, mais je veux qu'il explique. Et puis ça se termine en eau de boudin ça se dit ça ?

Il fait marche arrière  : ça ne me regarde pas !
Ce qui me met dans une colère noire : tu as lancé un truc tu vas jusqu'au bout, ne te dégonfle pas hein ! Si j'avais envie de dire "ça te regarde pas" je l'aurais dit OK !

Puis un autre grand classique très masculin : le retournement de situation : mais c'est toi qui voulais régler ça... Et vlan !

S'il était en face de moi je n'en ferais qu'une bouchée ! Mais il est déjà parti. Il ne répond plus. Et j'ai d'autre chose à faire, je dois lacher le PC. Je lui envoie un mél à tête reposée. Je ne veux pas que ce soit revanchard, ni relancer une discussion. J'explique mon cas, ok je ne suis pas parfaite, mais je lui donne une info importante qu'il ignorait, j'attendais de le voir pour en parler.

Pendant trois jours je ne vais pas bien. Je suis blessée, je suis déçue, je me demande si l'image qu'il avait de moi n'est pas ternie à jamais. Hyper sensible, je suis dans la parano aussi. Nous nous reparlons au téléphone, mais rapidement, il part en vacances. Si il est tout le temps débordé c'est qu'il ne veut pas me voir. C'est clair le monde ne tourne qu'autour de moi, et tout ce qu'il fait c'est parce qu'il ne m'aime plus !

Je me donne des gifles virtuelles "arrête tes conneries, tu n'as pas 15 ans" puis j'essaye de me remémorer les bons moments, et tous les signes qui me prouvent qu'il m'aime bien... Une vraie grande rêveuse !

Je me disais que je n'en reparlerai peut-être pas de la dispute, je n'ai pas envie de lui prendre la tête. Je sais comment fonctionne Gaël. Pas grand chose à voir avec Laurent, capable de couper les cheveux en 4 durant 2 heures d'affilée. D'ailleurs je vais si mal que j'appelle Laurent. J'ai écrit un billet à la suite de cet appel. Mais en dehors de sa disponibilté, Laurent ne m'a pas apporté grand chose. On ne peut pas faire tourner les pendules à l'envers. L'ancien meilleur ami ne peut redevenir le meilleur ami parce que ça ne colle pas avec le nouveau meilleur ami. Ce serait trop simple. De toutes façons je ne lui parle même pas de la dispute.

Puis il y a ce premier week-end où je ne pensais même pas le voir. Ce jour où il m'a annoncé un gros souci qui était la raison de son peu de disponibilité des derniers jours. Un souci qui tombait très mal, vu ma tendance à la parano ! Et il y a eu  Cette nuit magique , cette nuit totalement improvisée où nous avons repris nos marques, où j'étais tellement rassurée et détendue que ce n'était pas le moment de parler.

Puis arrive le week-end du 14 juillet. Une fête à la maison avec les potes de mes filles et Gaël est là. Il arrive plus tôt, prend l'apéritif avec nous. Très vite il y a du monde partout. J'ai beaucoup à faire, pas spécialement prévu de parler avec lui. D'ailleurs j'ai presque oublié la dispute, mais j'aimerais bien qu'il me parle plus longuement de ses soucis, à un autre moment. Je le prends à part pour lui dire que je veux le voir, mais pas un soir de fête, qu'on ira boire un verre. Et tout s'enchaîne. Je parle, il parle.

Il n'avait pas dit exactement ce qu'il voulait dire, ça fait tilt ah nous y voilà c'est ça qu'il fallait dire tout de suite ! Il avait cependant écouté mes arguments et bien enregistré les éléments qui lui manquait. Il est gentil, charmant, je reçois une tonne de compliments. Comme je parle trop il pose la main sur mon bras et répète dix fois mon prénom. Puis il me fait des confidences, des trucs très privés dont on avait déjà parlé, mais qu'on avait pas eu l'occasion d'aborder à nouveau.

Il me fait remarquer qu'habiter si loin ne facilité pas les choses. C'est vrai, je suis trop rêveuse et j'ai tendance à l'oublier ! Msn ça l'énerve, ça j'avais remarqué !
Le téléphone c'est bien, mais il y a des choses que je préfère dire en face et lui aussi bien sûr. Il y a toutes les fois où on se voit et où ce n'est pas le moment d'entamer une longue conversation. Même si il y a toutes ces petits signes invisibles pour les autres mais qui joignent les êtres. Toujours un mot à glisser à l'oreille, toujours un geste affectueux  ou un baiser sur la joue quand on se croise, l'attention, les regards... Toutes ces choses que j'ai retrouvé la nuit magique et j'ai mesuré l'étendue du manque.

Il parait qu'on a parlé très longtemps. Il parait. Beaucoup plus tard on a reparlé dans la nuit, je ne voulais pas qu'il prenne le volant. Mais là on ne savait plus trop ce qu'on disait.

Voilà après j'allais bien. Enfin presque. Parce que je n'ai jamais fini de me poser des questions. Interrogations sur mes sentiments... Du calme Louisianne !

Ces liens que l'on sécrète et qui joignent les êtres
Ces désirs évadés qui nous feront aimer
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard

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dimanche 13 juillet

Celui qui me donne la pêche

Parc_de_Bercy_053L'hiver a été long... Les soucis ont été nombreux, mon optimisme n'en venait plus à bout. Pas de grosse déprime, pas de vrais deuil, mais c'était long. Quelques passages dans le Sud.

Des coups de fils, des échanges avec Gaël. Mais tout de même j'attendais avec impatience l'été ! Je ne savais pas quand, il m'avait dit qu'il était débordé. Il faudrait attendre. Le week-end du 14 juillet peut-être. Je le croiserais peut-être vite fait.

Le week-end du 4 juillet, je descends le jeudi soir. Je suis épuisée pas par la route, mais par mes démarches, les préparatifs des vacances des filles, le rangement de la maison, l'ouverture de l'autre. Rien de prévu, repos. Artémis remonte à Paris pour l'anniversaire d'une copine. Athéna et moi ne nous quittons pas d'un semelle jusqu'à refaire le monde à la terrasse d'un café.

Puis vendredi c'est la surprise. Je le vois, en ville, en plein soleil, son visage s'illumine. Je ne lui parle pas longtemps, mais il me dit que ce soir peut-être il sera en ville. Après j'ai la pêche. Je ne suis plus fatiguée. C'est peut-être ça la différence entre un ami et une amie : Gaël me donne la pêche !

Le soir Athéna veut aller à une fête de village, rejoindre ses copains, mais c'est très loin. On se perd, on repart à petite ville du Sud. Elle appelle d'autres copains restés en ville. Finalement Athéna retrouve ses potes, et je retrouve Gaël et les siens sur la grande place.  On ne fait rien de spécial au début. On traîne dans les rues, on regarde les jeunes qui fêtent le bac. Gaël a toujours un truc à me dire, il prononce mon prénom dix fois par minutes. Ça m'a manqué, sa voix, son accent.
Puis nous décidons d'aller quand même à la fête très loin. Nous partons, je conduis.

La soirée est magique. Je ne suis même pas fatiguée et il fait très chaud. Depuis l'été dernier je n'ai pas connu de soirée comme celle là, pour une première c'est réussi. J'ai l'impression de planer, de sortir d'un long sommeil, je parle, je danse, je vais, je viens.

Avec lui on échange, mais des choses sans importance. Alors qu'il m'a tant manqué, l'heure est à la décontraction ! A plus tard les grandes discussions sérieuses, graves et sans témoins. C'est comme si nous avions repris nos marques. Je m'extasie encore sur cette relation qui a changé ma vie, sur notre complicité.
Je suis heureuse de sa gentillesse, de ses attentions, je m'étonne à chaque fois que je constate qu'il pense à moi, qu'il parle de moi quand je ne suis pas là !
Nous marchons côte à côte pour rejoindre la voiture.

Les ados s'endorment mais Gaël me parle pour que je ne sois pas seule en conduisant. Il fait jour quand je le dépose.  Les rares fois où je passe une nuit blanche, où je vois le soleil se lever, c'est que je ne me suis pas ennuyée une minute. Alors ça me parait magique. Et là c'est magique.
J'embrasse Gaël épuisé, les vacances commençent bien !

Posté par louisianne à 12:00 - État d'âme - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 12 juillet

Bref comme dirait Martine...

Parc_de_Bercy_019Vous connaissez l'expression, Bref comme dirait Pépin ?
Dans ma tribu c'est Bref comme dirait Maman, (Martine ma maman)

Martine est une bavarde invétérée. Moi aussi mais elle c'est pire ! Je suis une bavarde qui sait écouter.
Martine sait déjà ce que tu vas lui dire avant que tu aies fini ta phrase ou que tu aies ouvert la bouche... Agaçant ! D'ailleurs ses petits enfants en avait fait un sketch :

- Allo maman c'est Servane !
- Ah Servane, comment ça va ? Jolinette est à l'école et Manivelle est à la crèche ?
- Oui, enfin non, Jolinette a mal au ventre, justement je voulais te dire...
- Elle a mal au ventre, elle a mangé quoi ? Je crois que j'ai une gastro, je vais voir le médecin. Et tu as eu le temps pour ta banque ? Tu viens manger mardi ?
- En fait je voulais te dire...
- Bon ben aurevoir !

Servane n'a pas pu demandé à sa mère de lui garder sa fille ! Bien sûr c'est un peu exagéré mais ça y ressemble et nous avons bien ri quand les enfants ont joué ce sketch ! Petite, Artémis s'énervait :

- mais grand mère arrête de parler, c'est moi qui téléphone là ! (sous entendu c'est moi qui veut te dire quelque chose !)

Martine a aussi le don de sauter du coq à l'âne...
On dirait que les monologues qu'on se fait dans la tête :
Zut j'ai oublié le pain, ah et il faut aussi que je rappelle l'école des filles, et j'ai pas fait mon changement d'adresse... et bien Martine, elle les fait tout haut les monologues !

Et en plus elle répète 4 fois la même chose ! Le jour du grand départ, je n'avais qu'elle dans la voiture, mes deux filles écoutant à fond leur musique dans la leur.
Quatre fois au moins elle m'a parlé du hachis parmentier de chez Neudé bien meilleur que celui de Noprix...
Je soupirais en silence, patience, patience, un jour tu seras peut être une casse pied pour tes filles, et un jour ta maman te manquera... Euh non en fait, j'agacerais sûrement mes filles mais pas pour les mêmes raisons, je ne ressemble pas à ma maman...

Et à propos de hachis parmentier, Martine fait une fixation sur la nourriture. Parler de ce qu'on va manger (en vacances), des courses pour manger, de ce que Marianne aime, ce que Cédric n'aime pas, et elle sait pas cœur tout ce que ses petits enfants, Athéna, Timothée, Artémis, Chris, Coralie, Luigi, Manuréva, Jolintette, Marine, Manivelle aiment manger ! 

Alors c'est sur, moi la cuisine, ça va 5 minutes ! Il faut aussi faire très attention aux infos qui passent ! Martine répète, interprète, invente ce qu'elle ne sait pas.
Elle pourrait volontiers semer la zizanie entre nous si on ne la connaissait pas :
- ta sœur a dit ça, ou pire : ta sœur a dit ça sur toi !
Mais on la connait et on se connait : mais non ma sœur n'a pas pu dire ça, tu déformes !

Ce n'est pas la méchante commère ! C'est juste qu'elle parle tellement, qu'elle répète tellement, qu'elle est persuadée d'avoir entendu ça ! Depuis que j'ai passé l'âge de prendre sa parole pour une parole d'évangile, et que j'ai fait des stages de communication, je la prends en défaut avec mes questions.

- Qui te l'a dit ? Quand ? Tu m'as dit ça mardi, et tu me dis ça jeudi, tu l'as revu Bernard ? Non ? Alors comment as tu eu de nouvelles infos ? C'est Manivelle qui a dit ça ? Mais elle a 4 ans maman ! Non Servane n'a jamais dit qu'elle voulait vivre avec son ami ! Elle a dit qu'elle réfléchit ! Et puis on le saura forcément !

Elle ne prend pas trop mal mes questions. C'est juste quand elle est prise en flagrant délit de mensonge que le bât blesse. Là elle est de mauvaise foi, elle ne reconnaitra jamais... C'est pas ça que j'ai dit...
Pauvre Martine ! En plus maintenant qu'elle vieillit, elle entend mal ! Du coup elle ne se rend pas compte qu'il y a une conversation en cours, et parle par dessus les autres !
Quand mon frère m'invite, je lui dis : oui mais tous les deux, (vu qu'on voit ma mère très souvent, on ne la punit pas) sinon on ne pourra pas parler !

Bref, oui Bref parce que c'est là où je voulais en venir !

Martine raconte de belles histoires. De son passé, de son enfance, de ses frères et sœurs, de la guerre. Il faut bien des qualités à ma bavarde invétérée de mère ! Sauf qu'il y a le bref !

Voilà l'exemple :
- Tu ne sais pas ce qui est arrivé à Albertine ? Albertine, tu sais celle qui habite une grande maison, près de Montfort l'Amaury ? Elle a 4 fils, d'ailleurs l'aîné a bien réussi, il est avocat, il a un cabinet dans la grande rue, Michel a même été avec lui à la fac de Nanterre. Albertine a perdu son mari en plus ! Bref !

Le bref c'est quand elle s'aperçoit qu'elle a perdu le fil "ah oui ce qui est arrivé à Albertine".
Mais parfois elle ne s'aperçoit même pas qu'elle a perdu le fil, elle ne sait même plus ce qu'elle voulait raconter! Parfois il y a même deux bref en route, comme deux branches d'un même tronc qui ne sait plus où il est !
Oui d'ailleurs à propos du fils aîné, quand j'aurais fini, je vous raconterai ce qui lui est arrivé !

Mais maintenant 9 fois sur dix, un ou deux ou quatre des enfants de Martine s'écrient BREF pour qu'elle nous le raconte ce qui est arrivé à Albertine flûte ! Parfois ce qui est arrivé à Albertine, ce n'est pas terrible et ça ne valait pas tous ces bref !

Maintenant elle est devenue tellement bref, qu'elle fait des bref aux autres !
- J'ai une copine qui a eu le même problème, et elle m'a dit qu'il fallait...
- ta copine qui travaille à la banque machin ?
- non !
- l'autre, celle qui habite à Paris ?
- non, tu ne la connais pas, mais on s'en fout, laisse moi finir !

Du coup, mes sœurs, mon frère et moi quand nous parlons et que parfois nous nous égarons un peu en oubliant de revenir au début, nous disons : bref comme dirait maman !

Pas trop méchante quand même, j'ai analysé ce travers : Martine vient d'une famille nombreuse unie, mais où on a peut-être pas eu le temps de l'écouter. Elle a parlé beaucoup avec ses sœurs (qui comme elle ne savent pas écouter). Mon père était un homme de sa génération, pas du genre à dire : "viens t'asseoir on va parler". Je pense qu'un psy l'aurait aidé à sortir de sa spirale interne et infernale  !

Apprendre d'abord à se détendre : ne plus avoir une telle urgence à raconter sa vie, apprendre que tout n'est pas à dire, et peut être après, mais là c'est dur, apprendre à écouter !

Bonus : à l'heure où vous lisez, je suis de nouveau dans la maison du Sud du 13 au 15 juillet, un long week-end, j'attends avec impatience de descendre "pour de bon, pour 1 mois". Mais je vous ai réservé un petit billet pour patienter.

Posté par louisianne à 08:00 - Famille - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 10 juillet

Pour toutes les beautés

Vous vous souvenez peut-être de la campagne Dove, relayée par de nombreuses blogueuses. Il s'agissait d'une vidéo nommée "matraquage", on voyait une fillette et devant ses yeux défilaient des images de mannequin ultra minces, siliconnées, etc.
Cela montre comment les images de beauté irréelles peuvent assaillir une enfant et ainsi fausser son image de la beauté, voire créer des complexes...

Il s'agit là bien sûr de mon interprétation personnelle, mais c'est également le but du jeu, que les blogueuses donnent leur avis ! Comme je l'ai déjà dit lors de la diffusion de la première vidéo, ce n'est pas le but de mon blog de faire de la pub, de relayer des infos, mais là j'ai été interpellée, je suis mère d'ado.

Un chiffre particulièrement effrayant 1 % seulement des femmes se trouveraient belles ! J'avoue avoir du mal à y croire ! Bien sûr on entend rarement une femme dire "je suis belle".
Mais toutes, nous nous trouvons bien quelque chose de bien, non ?
J'entends souvent : je ne suis pas celle qu'on remarque parce qu'elle est la plus belle, pas celle non plus qu'on remarque parce qu'elle est la plus laide !

Mais je suis adulte (enfin ça m'arrive).
Il y a longtemps que j'ai appris à relativiser ! Je connais mes atouts, mes défauts, mes jours avec, mes jours sans ! Et je rêve beaucoup, alors je rassure mes filles :
- il m'est arrivé de rêver que je suis Cendrillon, c'est à dire la plus belle pour un soir celle vers qui se tournent les yeux éblouis, comme dit Jean-Jacques...
Pourquoi on rêve de ça ? Ben tiens pour séduire le plus beau, l'inaccessible ! Ou parce qu'on croit que l'on n'est pas aimée parce que pas assez jolie !
Et tu sais ce qui se passerait en vrai : j'attirerais les mouches, les casse-pieds, les lourdingues !
Et le plus beau  ? Bon ok ! J'aurais peut-être ma chance !

Mais quand on est ado, on se trouve tous les défauts au lieu de profiter de la vie !

C'est quoi la beauté en fait ? Je viens d'une famille paysanne où le bon sens prend le pas très souvent. Ma maman a toujours su que "mince" ne veut pas dire bien faite. Pour elle avoir des jambes bien droites, même potelées, c'est essentiel !
Une belle peau, de bonnes joues, de la fraicheur, voilà ce que c'est la beauté dans ma tribu. Vivante, fraiche, lumineuse, appétissante, voilà des adjectifs que l'on entend peu souvent et que moi j'ai entendu !
La preuve, aujourd'hui encore, je trouve ma maman belle, parce que fraiche ! Rien a voir bien sûr avec la beauté d'une sexagénaire qui veut paraître 20 ans de moins !

À mon tour j'essaye de faire passer l'info à mes filles, avec exemple à l'appui : regarde cette fille, un peu ronde mais marrante, et celle là, jolie sans plus mais facile à vivre, et regarde aussi l'attitude, le sourire, l'aisance et regarde celles qui plaisent aux garçons, même si quand ils parlent ils ne parlent que de canon, petits lots ou au contraire de thon ou cageots ! 
Dans quelque années tu verras quelle genre de fille, ils choisiront pour de bon !

J'ignore  si la campagne Dove pourra changer les mentalités ! Il faudrait commencer par changer les pubs !
Voici l'info :

Dove s’engage désormais avec le Docteur Serge Hefez, Responsable de l’unité de thérapie familiale dans le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, où il reçoit avec leur famille des adolescents qui ont du mal à développer une bonne estime d’eux-mêmes.


C’est sur son site www.pourtouteslesbeautés.com que Dove vous invite à instaurer un dialogue avec Serge Hefez. Chaque mois, ce spécialiste reconnu éditera une note sur un sujet d’actualité et tentera de répondre aux questions que les femmes et les jeunes filles se posent sur la perception de la beauté et pourquoi pas à vos questions.


La première note de Serge Hefez sera publiée demain sur www.pourtouteslesbeautés.com.

 

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mercredi 09 juillet

Lentilles et flou gaussien !

flou_gaussien

Ma maman est myope comme une taupe... Jeune elle ne voulait pas mettre ses lunettes, mais elle a rencontré mon papa qui n'appréciait pas vraiment qu'elle ne le reconnaisse pas quand elle le croisait dans la rue ! Finis les complexes !

C'est sûrement grâce à elle que je suis myope aussi. Myope très jeune, vers 7 ans, ma soeur Camomille m'a suivi de près. Les deux autres traitres ont été relativement épargnés...
Sauf qu'il parait que la vie moderne fait le bonheur des opticiens, Cédric et Servane ont eu des lunettes à 30 ans. Mais pas grand chose à voir avec moi, parce que quand j'essaye leurs lunettes correction -1, j'ai envie de rigoler et je leur demande à quoi ça leur sert !

Revenons donc aux sources... Les lunettes pas vraiment le top... Et oui à l'époque, il n'y avait pas dans les classes 5 bigleux... Il n'y en avait souvent qu'une : moi... Et quand il y en avait deux, pas de chance, c'était souvent la débile de service. Et quelle chance nous avions les mêmes lunettes !  Parce que je n'avais guère le choix, c'était lunettes sécurité sociale ou rien. Et pour ceux qui connaissent vous savez qu'il n'y a rien de plus gracieux ! Anémone en porte dans le film Le grand chemin

Il n'était pas rare que l'on m'appelle "serpent à lunettes" ou qu'on fasse des blagues idiotes...
Par exemple Clarence, la lionne de Daktari, oui je sais je suis un dinosaure, parce que bizarrement à l'époque, on associait lunettes et strabisme, alors que je n'ai jamais louché !

Bref, quand on est timide on se passerait bien de ces moqueries ! J'aurais surement oublié cet ustensile sans les blagues. Je ne suis pas trop le genre à faire une fixation sur quelque chose ! Bien sûr la coquetterie serait venue un jour ou l'autre, mais le complexe ? Qui sait !

À 13 ans, j'ai tout de même tapé sur la table et refusé les lunettes sécurité sociale, qui ont fini par disparaître à la vente  !
J'ai eu des lunettes en plastique transparent, discrètes jolies, ma vie a changé. Camomille, la garce, myope à 13 ans a échappé aux lunettes sécurité sociale et s'est offert des lunettes cerclées de métal, lunettes d'intello.

Mais ça n'a pas duré. Dès que j'ai eu envie de plaire, j'ai abandonné les lunettes, préférant vivre dans un flou gaussien, je n'ai pas inventé le mot, voir la photo pour comprendre ! Je mettais mes lunettes au lycée, pour regarder la télé, jamais en public. Camomille portait les siennes accrochée à une chaîne, sauf pour sortir le soir.
Les joies de la myopie : pas mal celui là, dis-je à ma sœur (en réalité tout ce que je vois c'est un visage rond et blanc sans traits précis, deux trous noirs pour les yeux, une masse de cheveux noirs, une silhouette en jean)
Pire : on ne se rend pas compte que l'on dévisage le visage blanc sans traits pour essayer de deviner les traits... Le voilà qui s'avance.... Euh non finalement il n'est pas terrible !

Je me souviens un jour d'être allée voir mon cousin à l'hôpital, il avait eu un accident de mobylette. Il était dans une chambre avec 3 garçons. Nous avions bien ri, je les voyais assez bien, la distance était relativement réduite, mais pas assez. Au bout de trois jours, je me suis cachée dans les toilettes, la porte entrouverte, pour mettre mes lunettes et regarder lequel je préférais ! Hihi ! Aucune importance, je ne les ai jamais revus ! Bon mais j'avais 15 ans OK !

À l'époque, les lentilles restaient chères, et pour une obscure raison, ce n'était pas avant 16 ans, maintenant  même un enfant peut en mettre pourvu qu'il soit soigneux.
L'ophtalmo était une amie d'enfance de mon père et se demandait comment je vivais dans mon flou gaussien sans rentrer dans les murs. Il est vrai qu'à l'époque je ne prenais pas le train, sinon j'aurais sûrement pris le mauvais !

Un jour Françoise, mon ophtalmo dit à mon père :
- Tu ne peux pas laisser ta fille comme ça, elle a 16 ans ! Ce n'est pas cher les lentilles !
Mon papa se laissa convaincre (en fait c'était cher). Et me voilà à essayer mes premiers verres de contact (on ne disait plus ça, mais c'était tout de même un morceau de verre qu'on se mettait sur l'œil) Et à pleurer à chaudes larmes dans la salle d'attente, pas de joie, ni de tristesse, mais le temps que mon œil s'adapte...

Ma vie a changé.  Il se trouve que je faisais partie des gens à qui on aurait pu mettre "une soupière dans l'œil" dixit mon ophtalmo. Je supportais sans problèmes les lentilles dures. Bien sûr je connus les horribles aléas. Les perdre, cela arrivait souvent : je me souviens d'une branche dans l'œil alors que j'étais à cheval, l'horreur ! La poussière dans l'œil : ce qui est tellement insupportable qu'il faut enlever la lentille et la nettoyer, et cela arrive toujours au mauvais moment : en cours, dans le train etc... C'est aussi souvent à cause de la poussière qu'on perd la lentille parce qu'on cligne trop des yeux.

Mais à part ça, c'était le rêve. Camomille attendait avec impatience ses 16 ans et en attendant me disait :
- celui là, tu en penses quoi ? Il est beau ou c'est parce que je suis myope ?
Bien sûr je prenais le risque de me faire engueuler si je le trouvais beau et pas elle, mais bon j'étais capable de lui dire quand même : non horrible, regarde ailleurs !

Puis Camomille m'a rejoint au club des lentilles dures, puis des semi rigides qui ne changent pas grand chose, mais sont plus embêtantes à entretenir : le morceau de verre, on peut le passer sous l'eau du robinet, voir se le coller sur l'œil tout sec sans  problèmes ! 

Nos aventures, nos astuces, nous les avons toujours partagées. Un jour je suis passée aux souples contre l'avis de mon ophtalmo : les souples apportent un grand confort, mais plus d'infections, de conjonctivites. Quand on supporte les dures, autant les garder. Sauf que j'en avais marre des inconvénients !
Ma sœur et moi avons tout connu aussi : la machine barbare qui chauffait les lentilles une fois par mois, la batterie de produits très élégants dans la salle de bains. L'eau distillée et les produits les moins cher "eau saline" que les opticiens ne recommandent pas : prenez le plus cher, c'est mieux pour vos lentilles !

Jusqu'à la libération totale : une révolution digne de la pilule, les lentilles jetables !  J'ai même essayé les lentilles couleur mais vu qu'il les fallait adaptées à ma myopie, c'était cher !

Artémis ma folle de fille, pas du tout myope, s'embêtent à mettre des lentilles fluo vertes, bleues, rouges pour sortir en boîte !

Jusqu'à 20 ans, j'aurais préféré être torturée que d'avouer ma myopie. Les complexes de l'école primaire étaient restés ! Jamais je ne portais mes lunettes sauf en famille. Si j'avais mal aux yeux, une conjonctivite, n'importe quoi, je ne portais qu'une lentille ou vivait dans le flou gaussien. L'été j'ai toujours eu des solaires à ma vue, car les lentilles ne plongent pas dans l'eau chlorée ou salée.

Puis j'ai grandi. J'ai toujours préféré les lentilles parce qu'on voit bien, que le champ de vision est grand. Les lunettes me gênent, me font transpirer, la buée qui attaque l'hiver quand on rentre au chaud, c'est pénible. J'ai une oreille un chouia plus basse que l'autre, ça ne se voit pas, mais ça fait mal, et aucun réglage de lunettes n'arrange mon problème. De plus je n'ai jamais été une surdouée du nettoyage de verre, comment font les autres ? Moi mes lunettes ne sont jamais nettes !

Tout ça pour dire que maintenant je n'ai aucun problème à mettre mes lunettes les jours de fatigue (il paraît même que ça me va bien), aucun problème à dire que je porte des lentilles, ce n'est plus par simple coquetterie, c'est par confort...
Ça complique un peu la vie, certes : des lunettes de soleil "normales" pour mettre avec les lentilles. Des lunettes normales, et des solaires (les verres photo truc j'ai essayé et pas aimé) mais on s'y fait. Et on sait ce qui convient : conduire le jour c'est lentilles et lunettes de soleil, la nuit c'est lunettes parce que je vois mieux avec...

Seulement voilà, je savais qu'un jour la presbytie me guetterait. Et là je ferais quoi ?
Comme ma copine Didou qui refuse les lunettes et porte une lentille pour voir de loin et l'autre de près, ouh la la ça doit faire mal aux yeux !
Comme ma copine Françoise qui ne porte qu'une lentille pour la myopie ouh la la ça doit faire mal aux yeux !
Je me disais, non allez moi j'accepterais mon sort et je me mettrais aux lunettes 24 h/24 !

Il y a deux jours je vois mon ophtalmo : les lunettes ça va, mais les lentilles, je ne peux plus lire... Il me dit que c'est comme ça qu'il a arrêté les lentilles.
- il faut rajouter des lunettes ! Des demi lunes + 1, en pharmacie...
- Bof !
Côté lentilles on ne peut pas faire grand chose pour moi. Je suis astigmate (un animal bizarre) et les lentilles ne corrigent pas cette tare. Donc déjà ma vision lentilles n'est pas top. J'avais entendu parler de lentilles vision progressive, mais il ne m'en parle pas.
Il me prescrit des lunettes progressives, et zut je venais de refaire l'an dernier solaire et blanches ! Mon cas n'est pas encore trop grave, et pour les lentilles, je dois rajouter des lunettes + 1.

Renoncer aux lentilles ? Ben non il est trop tôt ! Redemandez moi dans 10 ans !

Devant cet horrible constatation de ma déchéance future, et après avoir vérifié que mes cheveux sont toujours noir de noir sans teinture (on ne sait jamais), je réfléchis, déprime un chouia, remonte la pente !

Je trouve ça plutôt classe moi les lunettes sur le bout du nez, le petit geste pour les remonter !  Quand je rencontrais une personne qui se plaignait de porter des lunettes à 40 ans, et qui n'avait jamais été myope, je l'engueulais :
- quoi j'ai des lunettes depuis l'âge de 7 ans, et toi tu râles, alors que tu n'auras à les mettre que pour lire !

Pourtant je me tate !

Ce n'est pas que ça me gêne d'acheter, bien au contraire, j'ai toujours lorgné les mini lunettes de pharmacie (et même failli en acheter pour m'amuser) mais bon que de complications ! 
En plus des lunettes de soleil que j'ai en triple exemplaire : dans ma voiture, dans mon sac à main, dans mon cartable, il va falloir que je trimballe des lunettes demi lunes toujours avec moi ! Dans mon sac à main, au bureau, et puis dans mon cartable, tant qu'à faire autant en avoir partout !
Et que dire des vacances ! Quand il faudra emmener mes lentilles, mes lunettes de soleil "normales", mes lunettes blanches, mes solaires, et puis des demi lunes !
Sûr je vais me reconvertir, Louisianne opticien pour vous servir !

Le choix je ne l'ai pas trop, à part me renseigner sur les lentilles progressives... Et alléger mon sac en optant pour des lunettes aux verres phototruc... Les verres progressifs et phototruc, une vraie mamie !

Le plus drôle c'est que ça m'arrive juste après un week-end très rock en roll dans le Sud, où je me suis couché à 6 h du mat ! (je raconte bientôt !)

Bon du nerf, Louisianne, tu as encore tes cheveux noirs et tes... trucs !

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jeudi 03 juillet

Assurances and Co

Depuis la déclaration de vol, début juin, aucune nouvelle de l'assurance. Cependant lors de mes coups de fil, j'ai pu constater des erreurs.
- le scooter n'avait pas d'antivol ?
- si ! Mais vous ne l'avez pas demandé ! Et c'est une moto !
- la date du vol est le 28 avril ?
- la date présumée du vol ! La date à laquelle nous avons quitté la maison !
- ah c'est un cambriolage ?
- oui ! C'est que j'ai dit lors de la déclaration de sinistre ! Ma mère a fait une déclaration aussi ! Elle est assurée chez vous !

La semaine dernière, lueur d'espoir, on me donne le numéro de fax de M. Machinchose du cabinet d'expertise, à qui je dois envoyer la facture d'achat du véhicule. Je l'envoie et de nouvelles, point du tout.

Ce matin je rappelle l'assurance. Après plusieurs minutes d'une musique très jolie, quelques pianotages sur un clavier Et 1... et 2... et 3 étoile ! On me passe un conseiller qui me réponds :
- j'en profite pour mettre à jour votre dossier, votre portable c'est toujours le 06... et vous avez un mél ?

Rien de plus agaçant que ces mises à jour ! Surtout quand vous êtes en panne au bord de la route ! Mais bon vu qu'en ce moment ils m'entendent souvent, ils ne peuvent plus trop me mettre à jour, alors ils trouvent autre chose :
- vous êtes bien assurée pour deux voiture et un 2 roues ? Votre fille Athéna est toujours étudiante ?
Louisianne énervée a envie de répondre
-Ouiiiiiiiiii ! J'ai toutes les assurances chez vous ! J'assurerais mon hamster si j'en avais un ! Raison de plus pour me donner satisfaction VIIIITE !

Il cherche désespérément un cabinet d'expertise où il y aurait un monsieur Machinchose, puis en me passe le service compétent... À Lyon !

Le service compétent (enfin... compétent...il faut le dire vite !) me fait attendre, met une musique pour appeler le cabinet Duchmoll. Puis me met en relation avec la secrétaire de Monsieur Machinchose... mais en fait ce n'est pas la secrétaire !

La madame du cabinet d'expertise : oui j'ai bien reçu la facture, mais j'attends toujours la copie de la carte grise !

Louisianne : ah ben vous pouvez l'attendre longtemps !
La moto n'est pas immatriculée !

La madame du cabinet d'expertise : ah oui vous l'avez acheté en 2004... oui  c'est vrai, c'est noté dessus en plus qu'elle n'est pas immatriculée... euh c'est obligatoire à partir de quand ? 2005, 2006...

Louisianne (un peu énervée) :  je ne sais pas !

La madame du cabinet d'expertise : c'est peut être 2005 ?


Louisianne :
je vous dis que je ne sais pas, ce n'est pas mon problème !
En fait je le sais je m'étais renseignée bien sûr, puisqu'il aurait fallu un jour ou l'autre immatriculer la moto, mais là je n'ai pas envie de discuter de ça !


Elle me fait attendre 10 minutes la secrétaire est en ligne...
Louisianne (très énervée et qui n'a pas encore pris son café) : bon rappelez moi, c'est trop long là !

Je rejoins mes collègues au café, le portable à la main.

5 minutes après la madame de l'assurance me rappelle :

La madame de l'assurance : j'ai eu le cabinet, Mme Louisianne ! ils vont vous rappeler !

Louisianne : oui, le cabinet attendait la carte grise !

La madame de l'assurance :  oui je sais j'étais là ! ils font parfois des conférences à 3, mais là ils ne m'ont pas prévenue.

Louisianne :  la moto n'est pas immatriculée !

La madame de l'assurance : oui mais c'était obligatoire en décembre 2004 et vous l'avez acheté en juin 2004,

Louisianne : Et bien ils auraient pu me demander ! C'est ridicule d'attendre un document qu'ils ne m'ont jamais demandé !

La madame de l'assurance : ils se sont trompés, c'est devenu obligatoire fin 2004 !

Louisianne :  si la moto n'était pas en règle, elle ne serait pas assurée chez vous, vous ne croyez pas ?

La madame de l'assurance :  euh... on fait l'expertise et on vous rappelle !

Bon je me dis que c'est reparti pour 8 jours. Mais voilà que mon portable vibre pendant que je suis en ligne... Ils le font exprès ou quoi ! Heureusement ils me laissent un message : enfin une bonne nouvelle : la moto est estimée un bon prix ! Presque celui auquel nous voulions la vendre !

J'appelle Athéna, ravie qui me fait au téléphone la liste des fringues et babioles qu'elle veut acheter, y compris les cadeaux pour sa sœur !

Au fait si on retrouve la moto on fait quoi ? On la vend et on rembourse l'assurance ? 
Maintenant je vais souhaiter qu'on ne la retrouve pas ! Mais si quand même un peu ! J'ai envie de savoir qui c'est !

Posté par louisianne à 08:00 - Quotidien - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 02 juillet

Plainte pour vol

Après un long voyage vendredi, ma maman, mon chat et moi dans une voiture, Athéna et Artémis dans une autre, à se téléphoner (pire que des routiers avec leur CB) :
- je m'arrête à l'aire des hérons chasseurs !
Artémis (la musique à fond dans la voiture) : "des hérons quoi ? blagueurs ?"
Ou encore Athéna : "fais moi un coup de warning si tu vois un radar ! Au fait j'ai acheté trop de trucs à la station ! J'ai oublié qu'il y a une deuxième péage ! Tu m'attends au parking juste après ?"

Nous voilà quand même arrivées à la maison du Sud.
Après avoir allumé le compteur électrique (dans une grange), opération périlleuse, car il faut ouvrir la serrure avec la lampe torche à la main, glisser la main au milieu des toiles d'araignée, chose qu'Athéna ne ferait jamais, entendre râler Artémis qui attend devant la porte de la maison et trouve que ça ne va pas assez vite !
J'ouvre la maison et regarde l'autre grange, celle qui a été fracturée... La lumière est allumée, ce qui n'arrive jamais, sans doute celui qui est venu la fermer, aura appuyé sur le bouton sans le vouloir, à moins que ce ne soit les voleurs !

Artémis, qui plane tellement qu'on dirait qu'elle n'habite pas avec nous, demande comment c'est possible que la grande porte ait l'air fermée. Une baguette blanche, le montant de fermeture, est détachée, elle est par terre.

En général, vu qu'il est 2 h du mat, on ouvre une seule porte, on se couche et je fais le reste le lendemain. Comme la lumière est allumée, je vais ouvrir la grange. Avec la torche nous allons inspecter les lieux.

Nous rentrons par la porte du bas, la porte ancienne, inviolable...  La porte du haut est une porte de garage, 4 battants. 

Tout est impeccable. Les fauteuils de jardin, la table de ping pong pliée, si on ne savait pas qu'il y avait une moto, on n'aurait jamais cru que quelqu'un était rentré. Deux montants des crémones en haut ont cédé. La poignée a disparu.
La porte a été bloquée par une échelle penchée et bloquée par une grosse pierre, un vrai miracle, je ne sais pas comment s'y est pris l'ami qui a fait ça ! Car il ne pouvait ressortir que par la porte du haut !

Monter une moto de ce poids par un petit escalier en bois sans laisser de traces, c'est possible... Ben oui. Je retrouve 2 morceaux de plastique noir. Athéna est incapable de me dire quels morceaux de sa moto ça peut être.

Le samedi après midi, j'appelle le charmant gendarme. Nous y allons, ma maman, mes filles et moi. Toutes les deux ont sorti leurs plus belle robes, persuadées que les gendarmes enquêteront mieux comme ça !

Le charmant gendarme n'est pas du coin, je le devine vite, il a un léger accent, mais il connait le lieu de naissance de ma mère dans les Yvelines !
Pour répondre à Marcus  : le charmant gendarme a la trentaine, il a des enfants, (j'ai répéré les dessins sur les murs) il est marié (ma mère qui n'a l'air de rien a repéré l'alliance !)
Mais bon je suis une grande rêveuse, mais une grande blagueuse aussi ! J'ai mis du piment dans mon blog, mais je ne m'attendais bien entendu pas à trouver le grand amour en portant plainte !
J'ai arrêté les Harlequin  !

Il nous explique qu'il a convoqué les deux loustics que je soupçonne. Je ré explique pourquoi je suis persuadée qu'ils ont quelque chose à voir là dedans. Mes filles parlent de leur relation avec eux. Il nous parle de son enquête et me fait une impression cent fois meilleure que celle que j'ai eu des policiers lors de la fugue de Luigi. Il va sur des site Internet (style e*bay) de vente de la région. Le modèle de moto de ma fille est assez rare et se vend bien.

Il dit à mes filles que les affaires du coin sont toujours résolues. Que même si la moto a été démontée, un jour ou l'autre on retrouve une trace. L'été arrive, les motos sont de sortie. J'apprends aussi que celui qui l'aurait acheté (à mes yeux pas coupable) l'est quand même !
Quand on achète 300 € une moto qui en vaut 1500, on peut être accusé de recel, sauf si on va voir tout de suite les gendarmes pour dire "j'ai acheté ça, j'ai un doute"... Ce que moi en tant que parent, je ferais forcément si je voyais mon fils revenir avec une moto achetée à un pote !

Il est allé chez les deux loustics mais, bien sûr ils ne sont pas bêtes au point de cacher la moto chez eux. Il nous dit qu'ils sont souvent convoqués à la gendarmerie.
Bien sûr il recommande la prudence, ça peut être quelqu'un d'autre, ils peuvent avoir juste donné le tuyau etc...

Il fait bien la leçon à mes filles : "prévenez moi de jour ou de nuit, si vous la voyez, voici mon portable".
Il doit avoir peur qu'elles fassent la justice elle-même ou appellent leurs copains (les copains sont déjà tous prévenus, avec Msn pas la peine d'attendre de les voir !)

Les filles enregistrent consciencieusement le numéro de portable du gendarme. Puis nous partons.

Le lendemain il fait très chaud. Nous allons au lac du village. À peine allongées sur le sable, deux copains Romain et Clément viennent voir les filles, puis repartent plus loin. Au bout d'un moment, Artémis me dit que Michel, l'un deux loustics est là pas loin. Il nous regarde régulièrement, se cache derrière un copain. Artémis lui jette des regards assassins. Puis nous voyons l'autre, encore plus discret, allongé, levant à peine le nez. Artémis râle :
- tu vois bien qu'ils sont coupables ! Ils venaient toujours dire bonjour avant ! C'est quoi ce cirque ! Ça va saigner !

Je la calme !

Louisianne  : peut-être qu'ils nous en veulent d'avoir été interrogés à cause de nous ! Et puis ce sont des gamins, ils ont peur de se faire engueuler !

Artémis : oh toi maman, tu les excuserais presque !

Louisianne : mais non ! De toutes façons, un jour ou l'autre, je tomberais sur eux et je leur parlerai !

Athéna : pas intérêt ! Même pas tu leur dis bonjour !

Louisianne : mais si ! Et je leur dirais que c'est normal que je les soupçonne !

L'attention des filles est détournée par l'arrivée de plusieurs jeunes en 50 cm3. Elles attendent que les chauffeurs rejoignent leurs potes, et enroulées dans leur paréos, en allant acheter une glace, inspectent discrètement les motos... Verdict : non rien à voir.

Puis elle rejoignent Romain et Clément sur leurs serviettes, les seuls copains qui ne sont pas au courant du vol de la moto. Presque en face de leurs ennemis qui les dévisagent, elles racontent leur malheur. Romain est un ami d'enfance de Michel. Mais il a fini par le fuir : Michel faisait les pires bêtises, comme voler la mobylette d'une amie à une fête, et Romain n'avait pas envie d'être impliqué dans ses magouilles.

Les filles me rejoignent ensuite. La théorie de Romain rejoint celle de tous les autres : aucun des deux n'aurait fait ça seul, pas assez de courage, ni de force physique.

Le dimanche soir, je reprends la route. Vers 21 h Athéna m'appelle :
- je suis au café du centre ! J'ai vu ma moto, le même carennage, mais des gardes boue orange ! Beurk !
-  si tu l'as vu, tu la reverras ! Ne t'inquiète pas, on la retrouvera !

Elles me font rire ! Elles vont passer l'été à enquêter ! 

Posté par louisianne à 13:52 - Quotidien - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 27 juin

Le départ et la moto...

Pas très courageuse, pas très inspirée !

Mais bon ce n'est pas si grave, après tout !
Ça faisait longtemps que je n'avais pas parlé de mon quotidien ô combien passionnant !

Mon excuse pour le manque d'inspiration, c'est celle là : fin juin, c'est le big départ pour la maison du Sud.

Ce soir j'emmène Athéna, Artémis, ma maman et mon chat et je les laisse là bas deux mois !
En juillet je suis seule en semaine (même pas de chat hihi) et le week-end je rejoins mes filles et ma mère.
En général quand on part on a tout des gitans Bidochon, chargés à bloc, disons Bidochon pour ne pas être accusée de racisme !

Cette année, variante, nous partons à deux voitures. Celle d'Athéna et la mienne. L'an dernier, Athéna venait d'avoir son permis, aussi j'étais remontée en train après le premier week-end et redescendue avec la  2ième voiture, Athéna et son copain, qui avaient ronflé comme des bienheureux pendant que je me tapais la route.

Là Athéna  préfère prendre sa voiture, histoire de l'avoir sur place.  Donc elle a fait le plein de Redbull,  Artémis a gravé des CD, ouf je vais pouvoir écouter ce que je veux dans MA voiture !
Pour une fois on se demandera pas si le coffre est assez grand, il y en aura deux ! Et on aura une grosse voiture, ma maman, mon chat et moi pour nous seuls !
À noter que ma voiture n'est toujours pas réparée ! L'assurance traine la patte, donc je n'ai plus de roue de secours.... Pas grave, si je crève, j'appelle l'assurance, bien fait !

Samedi je dois aller à la gendarmerie déposer une plainte... Voilà l'histoire  :

Depuis 4 ans Athéna a une petite moto, une 50 cm3 (elle rêve de passer le permis gros cube).
Une magnifique Derbi qui lui servait surtout l'été, pour être autonome, puisqu'elle n'était pas en âge d'avoir le permis, pour trimballer sa sœur et rejoindre la bande... D'ailleurs tous les copains du Sud ont eu aussi leur moto, sauf les filles qui préfèrent les scooters. Maintenant petit à petit, ils ont tous le permis !

Moi j'avais la joie lors des voyages, de trimballer la remorque porte moto, la moto en descendant début juillet et en remontant fin août. De vrais gitans Bidochon je vous dis !

Moi qui suis plutôt cool, je ne vous raconte pas le stress !
Déjà la monter (75 kg), l'attacher, moi qui tire d'un côté pour résister tandis qu'Athéna sangle en tirant de l'autre, Artémis qui monte dessus (pour faire du poids) en sifflotant pour faire genre "je donne un coup de main, mais pas trop, hein"...
Artémis c'est le genre, pendant que tu fais 3 voyages voiture, maison avec des bagages, elle en fait un seul, mais si j'aide, mais je suis moins rapide, c'est tout !

Ensuite il y a le stress sur la route, les yeux vissés au rétro :  pourvu qu'elle se détache pas !
Les arrêts pour contrôler. Le stress les jours de gros départ où il faut à la station service trouver une place de caravane : à fuir !  les véhicules légers prennent toujours les places des caravanes !
Et on ne peut pas reculer avec une remorque !
Du coup j'avais pris l'habitude de me garer dans les parking poids lourds. Même que c'est folko des fois, le routier espagnol, les pieds dans sa cuvette, la radio à fond, et qui a sorti tellement de matériel (table,chaises, sèche linge) que tu as l'impression qu'il ne va jamais repartir !
Sans compter que mes filles ne passaient pas inaperçues quand elles sortaient de la voiture !

Mais bon le temps passant, je commençais à râler sérieusement ! Parce qu'Athéna ne se servait jamais de sa moto ici en ville. La moto, comme la remorque, décoraient le jardin (pas bien grand) sous des bâches. Et devinez qui s'embêtait à déplacer tout ça pour passer la tondeuse ?
Donc j'insistais à chaque voyage : mais laisse la donc à la maison de vacances ! A quoi bon s'embêter, payer une assurance etc...

Puis l'été dernier Athéna a eu le permis. Je commence à parler de vendre la moto : mais non je vais m'en servir, maman  !
Bien sûr comme tous tes copains avant toi qui ont laissé la leur pourrir au garage ! C'est tellement mieux la voiture ! Résultat, Athéna a fait deux tours de 200 mètres en 2 mois.

Au moment du départ son copain Martin était d'accord avec moi pour laisser la moto dans le sud. Finalement la décision a été vite prise : Athéna et Martin partaient avec leur voiture avant moi. Moi je suis incapable de monter seule le moto sur la remarque, et même si j'avais su, je refuse de faire la route avec la remorque sans Athéna. En cas de problème, je ferais quoi avec la grand mère, mon chat et Artémis grosse comme une allumette et toujours prête à aider rester assise !

La moto reste. On enlève la batterie, on met l'antivol. Je dis à mes filles de ne dire à personne qu'elle est là. On ne sait jamais. Je téléphone à l'assurance, j'assure la moto en garage, et fais de grosses économies, puisque ce n'est même plus l'ile de France, si elle roule, ce sera moins cher !

Et je peux toujours appeler pour l'assurer pour rouler, une semaine ou deux.
Ce que je fais à Pâques. Où Athéna et Artémis auront fait un tour de 50 mètres...
Mais Athéna est décidée à la vendre. Je lui dis qu'on le fera cet été, et si on n'arrive pas à la vendre dans la région, on la remontera...

Le dernier jour, à Pâques, il fait chaud. La moto est rangée, Athéna est repartie en train car elle travaillait dans une supérette le samedi. Artémis est chez une amie. Deux copains des filles passent les voir.
Pas les plus proches, pas ceux qui sont toujours à la maison. L'un deux est réputé pour faire beaucoup de bêtises... Mais comme il a une famille bringuebalante, qu'il dort parfois dehors, j'ai toujours été gentille avec lui.
On discute un peu, et on passe devant la grange où est la moto. L'un deux me dit "Athéna veut la vendre". Je dis oui. Je ne me sens pas très à l'aise, j'ai presque envie de dire que nous la remontons, mais je suis crevée ce jour là...

Après le départ, je fixe bien deux antivols... J'aurais du la changer de grange... Acte manqué.
Il y a 3 semaines ma mère m'appelle affolée : un voisin qui passe de temps en temps pour voir si tout va bien a trouvé la porte de la grange ouverte. Ma mère le rappelle et le fait retourner 3 fois : il y a bien ça et ça ? Ah non c'est la moto !
Je crie : je sais qui c'est !

Les seuls à savoir où elle était ! Il y a 2 granges, plus un appenti, plus une ruine fermée, plus la cave de la maison, des portes partout. Un garçon seul n'aurait pas pu : la grange a deux niveaux, la porte ancienne du bas est inviolable, ils ont cassé celle du haut (une porte de garage 4 battants), ils ont du porter la moto dans l'escalier. J'imagine qu'ils n'ont pas coupé les antivols sur place, il vaut mieux pas s'attarder. Et il fallait une voiture pour l'emmener, ou plutôt une fourgonnette, une break. Aucun des 2 n'a le permis, mais conduire sans permis ils l'ont déjà fait. Ca s'est passé quand ?  On ne sait pas  ! Entre le  28 avril et le  3 juin. 

Ensuite c'est le branle bas de combat. J'appelle Gaël qui tombe des nues aussi : il n'a jamais pensé que la moto était là et pour cause, nous avons évité d'en parler : autant que les gens continuent à penser qu'on l'emmenait ! Je lui demande si il peut fermer la porte, il me conseille de faire constater l'effraction par les gendarmes.

Je dors mal. La maison est isolée, peu de chance que quelqu'un y passe, la porte est peut-être ouverte depuis longtemps, mais maintenant que je le sais, je ne suis pas à l'aise !
Et puis je m'en veux tellement ! C'est moi qui insistais pour la laisser, Athéna avait peur du vol, c'est moi qui aurait du la changer d'endroit... Avec des si... on se fabrique des insomnies !

Dès le lendemain j'appelle la gendarmerie du bureau. A peine une demi heure après un charmant gendarme à l'accent chantant me demande de l'appeler sur son portable.

Il me dit qu'il n'a jamais vu un cambriolage pareil : rien n'a disparu à part la moto. Il me demande si je soupçonne quelqu'un, je donne les noms, ça le fait rire, il n'est pas étonné.

Puis il m'explique comment procéder. Je dois envoyer une télécopie, pour déposer plainte, ma maman pour cambriolage, moi pour vol de moto.

Puis le père d'une copine des filles vient fermer la porte comme il peut. Ma maman trouve quelqu'un pour un devis. Je contacte de nouveau mon assurance qui fait semblant de comprendre, mais quand je rappelle la moto est devenu un scooter, le vol est devenu un vol dans la rue au lieu d'un vol avec cambriolage, du coup l'expert qui devait m'appeler pour l'évaluer ne l'a pas encore fait !

De toutes façons  il faut nous laisser le temps de la retrouver peut être,  et si on la retrouve il vaut mieux que ce soit en bon état,  car  si il y  a des réparations j'aurais la franchise, chouette une  de plus, la voiture ne me suffisait pas !

Entre temps mes filles, leurs potes et Msn ont essayé d'ouvrir les yeux et les oreilles, pour le cas où les petits c.. se seraient vantés.

Dans le village la seule Derbi noire était celle d'Athéna. Je doute qu'elle ait été vendue dans le coin. L'heureux propriétaire n'en profitera pas longtemps : en 2009 l'immatriculation devient obligatoire, avec le numéro de moteur, aucune chance. Athéna pense que sa moto est en pièce détachée : j 'en doute elle était en trop bon état pour ne pas être vendue telle quelle !

Je me suis promis dans toutes les fêtes de village où j'irai d'inspecter les motos des petits djeuns !  Si je la vois je m'assois dessus et appelle à la rescousse tous les copains de mes filles ! Le conducteur (même si ce n'est pas lui le voleur) ne repartira pas ! Si je me trompe je serais ridicule, on n'en meurt pas !   

Hier le charmant gendarme à l'accent chantant m'a rappelée pour me demander si je venais bien comme prévu demain. Il a interrogé les deux petits c... qui ont nié bien entendu !
Il m'a dit de l'appeler sur son portable pour prendre rendez-vous avant de venir à la gendarmerie avec ma maman !

Je suis curieuse de voir ce charmant gendarme !
Sauf que Athéna, la grande blonde qui ne passe pas inaperçue, et Artémis, la petite brune trop bien foutue, veulent m'accompagner !

Bonjour la concurrence ! La vie est dure !
Tiens je piquerais bien pour l'occasion l'adage de ma sorcière bien aimeé !

Posté par louisianne à 14:58 - Quotidien - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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